vendredi 17 juin 2011

art aborigène pour les nuls

Mon agenda s’étant considérablement éclairci par le fait d'avoir résolu ma question d'appartement, j'ai enfin pu de nouveau programmer des activités sympas le WE.
Ainsi, j'ai rejoint la conference sur l'art aborigène organisée par l'UFE (Union des Français a l'Etranger) et animée de mains de maître par la directrice de l'IDAIA, une des plus grandes spécialistes d'art indigène qui est aussi une de nos compatriotes, Solenne Duclos Lamotte (avec un nom pareil, tu m'etonnes!).

Solenne nous a fait partager sa passion pour l'Art aborigène et a pose quelques bases de connaissance qui nous a permis d'observer les oeuvres que nous sommes allés admirer avec un oeil un peu plus éclairé.

La première partie de son intervention était plutôt en mode conférence. Elle y a partage ses aventures de baroudes dans le bush australien en visite auprès des artistes ainsi que son travail dans les galeries d'art en compagnie de riches collectionneurs des 4 coins du globe mais aussi ses fréquents voyages en France puisqu'elle a participe de prés a la construction de l'espace australien du musée des arts premiers du quai Branly. Une juxtaposition d’expériences très différentes les unes des autres comme vous vous l'imaginez avec d'un environnement a l'autre des milieux et des intérêts complètement opposes ou presque, bref un boulot assez sympa.
Ainsi, nous avons appris que l'Art Aborigène est la plus ancienne forme d'expression humaine dont on a trouve trace jusqu’à présent. Que l'Art aborigène n'est Art que dans la bouche des occidentaux mais que pour les aborigènes, c'est un peu leur encyclopédie ou leur moyen de consigner, préserver et transmettre leur culture et leurs croyances. Les formes ou plutôt les supports les plus connus pour les occidentaux, les toiles, sont extrêmement récentes. Traditionnellement les aborigènes utilisent des supports naturels: pierres, murs des grottes, bois, écorce d'arbres. D'ailleurs, au départ l’idée de la toile ne les a pas trop emballe et puis finalement voyant que c’était un moyen de conserver un peu plus pérenne, ils ont trouve ça pas mal. Ceci dit ce type de support ne date que des années 70 alors que l'on trouve des traces d'art aborigène datant de 60 000 ans!

L'art aborigène raconte en général comment ils perçoivent leur territoire et comment ils pensent qu'il a été crée. Toutes les formes bien qu'un peu figuratives pour un novice ont un sens. Toutes ses histoires ou mythes représentent ce qui a été (très mal) traduit par rêve ou 'dreaming' par les colons britanniques. Rien a voir donc avec du fumage de moquette intensif, il s'agit bien de leur mythologie voire de leur religion. Tout cela est tout a fait comparable a ce qu'on pourrait trouver dans la bible ou toutes les histoires de dieux hindous, rien de plus, rien de moins mystiques ni stupides que nos propres légendes.
Néanmoins ces croyances comme toutes les croyances sont sacrées. Si bien que quand les occidentaux ont montre un intérêt certain pour les peintures aborigènes et qu'ils en ont fait l'acquisition, les aborigènes ont décide de garder les histoires plus secrètes et fondamentales en dehors des peintures. Un peu comme si on nous avait pique la bible. La différence c'est que les aborigènes ne se sentent pas des âmes d'evangelisateurs et qu'ils n'ont aucune prétention d'essayer de convaincre tout le monde que leur truc a eux c'est la seule vraie et bonne explication de comment tout marche et que tous les autres n'ont rien compris. Pour eux, c'est au travers de toutes les phases d'initiations traversées dans la vie qu'on acquiert la connaissance et la compréhension du monde et que atteindre ce stade, ça se mérite.
Vision donc assez opposée de celle d'ou nous venons...Il y a donc un code très strict élaboré par les plus anciens, réputés les plus sages sur ce qu'ils ont le droit de peindre, donc de partager avec l’étranger ou pas. Tout cela venant du fait qu'ils ne sont pas très tentes par partager leur secret avec l'occidental. En même temps, vu comment les britanniques et leurs descendants les traitent depuis qu'ils ont envahi l'Australie, on comprend qu'ils soient un peu méfiants et qu'ils trouvent que ça ne vaut pas la peine!

La seconde partie était une visite de la collection d'art indigène flambant neuve ou en tout cas tres récemment enrichie de quelques 107 nouvelles pièces de la NGV (National Gallery of Victoria) située bien sur, a Melbourne et qui est la plus riche du monde. C'est rassurant quand même que ce soit en Australie qu'on la trouve, mais vu l’intérêt des australiens moyens pour l'Art aborigène, c’était pas gagne!

En général, on trouve des motifs similaires géométriques et très jolis sur les oeuvres aborigènes. Ci-dessus sont représentés des canaux, les traits et des points d'eaux, les ronds. le tableau ci-dessus nous indiquent donc un réseau de point d'eau et de canaux, c'est un peu la carte d'une des régions d'Australie, cette peinture a été réalisée dans le territoire du Nord dans une partie désertique et quand on connait la sécheresse qui fait rage dans le coin, on se doute de l'importance de transmettre a ses enfants ou a ses proches les astuces pour trouver les points d'eau. Toutes les oeuvres de cette région vont donc en général reprendre ce même type de motif mais aussi vont utiliser les mêmes palettes de couleur qui vont se rapprocher très étrangement a la couleur du sol qu'on trouve si on voyage dans la région.
Toi ignard, tu regardes l'oeuvre en faisant des woahs d'extase, en fait tu regardes juste une carte routière en mode aborigène!
Sur celle-la, même secteur, les points d'eau sans les canaux. Bon il faut quand même ajouter qu'en vérité, il ne s'agit pas que d'une banale carte routière, ce serait trop simple. Il y a quand même une vraie recherche graphique et d'harmonie visuelle. C'est d'ailleurs comme ça qu'on distingue les vrais artistes des imposteurs. Les aborigènes eux même, même s'ils ne saisissent pas trop la notion d'Art de la même façon que les occidentaux, ont eux aussi leur préférence et leur sensibilité

Chaque région aura son style et sa palette de couleur en fonction de celle que l'on retrouve dans les paysages mais dans ce tableau-ci par exemple on retrouve les ronds des points d'eau mais avec des couleurs plus dans le rouge que dans le jeune et un style de pointilles un peu differents: on est dans un autre secteur de l'Australie.
De manière assez amusante, les tableaux des aborigènes ressemblent a leur région vue d'avion, si on compare leur tableau a des photos aériennes...alors qu'ils n'ont a notre connaissance jamais vole...amusant, non? Un don certain pour comprendre et s'approprier l'espace sur lequel ils vivent.

Le bleu-turquoise sur ce tableau est très typique des ethnies de l'Ouest de l'Australie notamment celles qui vivent près de la mer (ca vous etonne?), regardez des photos de la couleur de la mer a Broome ou a Coral bay ca va vous parler. Le blanc représente quant a lui, les lacs sales asséchés assez fréquents dans la région.

Ben, depuis ce jour la, je ne regarde pas les peintures aborigènes pareil du coup! je me sens un peu moins bête et j'ai l'impression de comprendre un petit peu plus les indigènes de l'Australie.

2 commentaires:

  1. who do i email ? i need the right to use one of your art aborigene
    is there an email contact ? txs

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